Poèmes et chansons

Ce site est entièrement réservé à mes écrits et productions poétiques.

Il est encore en construction...

 

Audace

 

                        Quelle audace saugrenue peut pousser à confier de l'écriture à quelqu'un, fut-ce un site internet ? Il y a de l'exhibition, là-dessous. Je me demande, à l'instant de livrer ces lignes à des regards que je n'ai pas sous les yeux, si je ne plonge pas dans la plus totale inconscience... à tout le moins, dans un pan de mon inconscient mis en mots. Et j'en voudrais ôter les épines.

            Ecrire n'est pas agir, ou plutôt, c'est détourner un agir en un autre. Mes petits écrits ne sont  destinés qu' à donner du plaisir ou du réconfort.

            Légèreté: dire sans s'appesantir ce que chacun s'applique à cacher, pouvoir dire... Quelle joie! Formuler ce qui complique habituellement le rapports humains, en faire un akène plumeux: cette semence si légère que les enfants et les amoureux sèment d'un souffle, et qui s'envole au vent, la jeter sur un nuage et espérer qu'elle sera lue, qu'elle touchera avec la même douceur éphémère que le plumet de la fleur que j'évoque touche le gazon...

             J'ai donc ouvert plusieurs espaces qui s'enrichiront régulièrement :

 - des chansons qui peuvent inspirer (ou ont déjà inspiré) des musiciens.

- des vers libres : sans rimes ni raison, sans autre règle que l'inspiration au gré du vent ...

- des bouts rimés et rythmés selon différentes règles à découvrir

- j'aime aussi de temps en temps dire à la fois plusieurs choses : Les acrostiches m'en ouvrent le champ, mais il y a aussi des textes obéissant à des  contraintes qui deviennent des stimuli féconds : à vous d'en découvrir la teneur !

- enfin l'image sous toutes ses formes, pas uniquement littéraire donc, me réjouit presque autant que la langue. J'ai donc ajouté quelques photos, et quelques montages... un clin d'oeil en passant : à vous de voir.

    Bon voyage ici et surtout, n'hésitez pas à laisser un commentaire.

Mes mots

 Aujourd'hui, je vous invite à visiter mon abécédaire...

Mes mots.

            Les mots s’amusent et je les vois danser, nus, sous mes doigts. Le regard vient les habiller. Et les images s’empilent, parfois s’articulent et se nouent en imbroglios que seule l’inspiration parvient à démêler. Les mots s’amusent et je ne peux les dire...

Les mots sont des fleurs... 

Pour les humer, fermer les yeux et recevoir ce que l’inouï sait glisser dans le moindre geste imaginé.

Les mots sont des fruits.

Leur goût s’amplifie sous le fouet des regards qui s’accrochent, en s’étreignant parfois, dessus, dessous.

Les mots sont des bombes.

En mille éclats irisés, ils explosent au coeur du monde et marquent les hommes dans leur chair.

Les mots sont des parfums.

Du champ de conscience qui se dessine en impressions mouvantes, émerge peu à peu, improbable et fragile, un sens caché qui se révèle en lignes de force et traverse le miroir pour éclore dans le décor.

Les mots sont des rasoirs. 

Tranché et tranchant, chaque mot désigne et délimite une partie de l’univers qui, sans lui, demeure dans les limbes de l‘innommable ou de l’ineffable, selon l’humeur du temps.

Les mots sont des secrets.

Chacun cèle une image: scène rare et précieuse, à peine élaborée, déjà passée, scène qui jamais ne se laisse capturer... scène qu’on espère tout au plus, apprivoiser.

Les mots sont des caresses.

Guettés d’un épiderme tendre, les mots qu’on vole au voisinage d’un dialogue coquin viennent adoucir une solitude qu’on sait irrémédiable et salutaire.

Les mots sont des enfants.

A peine nés de moi, ils grandissent, m’échappent et me deviennent étranges, ils me séduisent en me signifiant leur naïveté et je les sais intouchables. Ils me trahissent et menacent de devenir mon ultime soutien.

Les mots sont des nuages.

Ils passent et changent au gré de l’atmosphère, tantôt gris, tantôt pourpres, ensoleillés ou orageux, ils s’effilochent tout en faisant couler larmes et humeurs.

Les mots sont des creusets.

Athanors de toute humanité, ils distillent allègrement le maigre résidu des désespoirs que laisse derrière elle la conscience de la mort et l’angoisse de perdre ceux qu’on croit aimer.

Les mots sont des flammes.

Ils peuvent embraser l’humide étoupe et tirer d’un sentiment vulgaire un joyeux incendie : Purificateurs dans l’après coup.

Les mots sont des baumes:

Apaisant la douleur du trop violent oubli, ils réparent les rubans de la chaîne unissant les enfants. Ils disent enfin l’amour en lui donnant l’éclat exubérant qu’aucun orgasme jamais n’égale.

Les mots sont des abîmes.

S’y pencher, c’est s’y trouver à ce point attiré qu’on y plonge et s’y perd en vertige infini, qu’on s’y écrase tout au fond d’un noir que ne percera jamais aucun rayon.

Les mots sont des navires.

Ils emportent en roulant le rêve et les tonneaux, et gagnent le large, cinglant sous le vent, glissant dans la brume ; ils vont ailleurs.

Les mots sont des ventres.

On y pose la joue avant d’y pénétrer, tout en se souvenant qu’on y fut bien au chaud. Ils sont attente et promesse, et source d’inattendu : de vie.